.Pour finir.

Ou pran

Ti Loulou après une pause bien méritée est de retour. On peut le voir sur des affiches de la capitale, la bedaine conquérante, la joue joufflue, les babine alléchantes et le regard fuyant. Il est le seul candidat ayant les moyens de sa politique. Car la politique ne se fait pas sans capital.

Il est un investissement viable, pour tous ceux qui pensent qu’ils auront besoin de ses services dans les prochaines six années. On ne parie que sur une bourrique gagnante. Et cette bourrique a pris le devant. De la course et de la scène. Qui oserait dire le contraire ? Qui oserait essayer de se mettre en face de lui ? Son compétiteur se fait tout petit afin de ne pas se faire écraser par le rouleau compresseur. Il y a de l’espoir dans l’air pour les premiers fideles. L’espoir d’un retour sur investissement copieux et riche.

Ah, je ne serai jamais rien dans ce pays. A écouter tous les « zin-telektyels » de ce pays, je me retrouve encore une fois sans patron. Pourquoi, n’ai-je  pas écouté la voix du peuple et offert dès le début mes services à Sénateur OkEU. Non et trois fois non,  j’ai préféré suivre les grands penseurs, les grands orateurs, les hommes d’actions, les hommes d’esprit… J’aurais du faire comme le peuple et cerner qui le petit barbu poussait et de là, joindre une équipe gagnante.

On n’a pas besoin de grands penseurs, d’intellectuels, d’hommes d’actions, de faiseurs de pluie dans la nouvelle chambre du Sénat qui est en train de se construire. On a besoin d’hommes de main. Lever la main et voter, oui. Lever la main et voter, non.

J’aurais pu être sénateur. Non seulement je suis un piètre analyste de l’écosystème politique haïtien, je suis sans ambition. Il ne faut que quinze à cinq mille voix pour se faire élire Sénateur dans ce pays. Une bagatelle, pour les biens souches. Pourquoi ai-je cette aversion pour la politique ? J’aurais pu être un homme arrivé en cette année 2009. Le destin voue joue de ces tours. Peut-être qu’il n’est pas trop tard. Je peux toujours commencer à passer le peuple dans du risible, a parler KarK.., à pérorer pour ne rien dire, a faire des promesses qui n’ont rien à voir avec le poste que je brigue, à préparer mon avenir p0-i-ti-que$.

Tu ne seras jamais rien, mon fils, dans ce coin de terre car tu n’aime pas la politique et les politiciens. Rien de rien. Non que les Loulous n’aient aucune valeur marchande mais au moins, ils ont une allocation transport pour s’acheter des 4X4 pèpè à Miami. Et des gardes du corps armés jusqu’aux dents pour les protéger des entremetteuses quémandeuses, et un salaire fixe chaque premier du mois (et nous ne parlons pas de deux cent gourdes pour ces élites politiques qui se sont élevées hors de la misère par la force de leur poignets et leur dextérité meurtrière avec un M16) et la possibilité de se faire glisser une grosse enveloppe jaune, remplie de grosse coupure pèpè américaine, et d’utiliser leurs automobiles officielles pour des transactions de transport douteuses et pour se pavaner devant les cameras de télévision pour donner leurs opinions sur des sujets auxquelles ils ne comprennent rien et pour rivaliser de platitudes avec les meilleurs boukis de la place…

Oui en effet, un job facile. Sénateur OkEU sera dans son plat de graisse de griot, comme il l’aime. Peau seulement et graisse tout autour.

Je me demande, pourquoi on va gaspiller l’argent et le temps et la patience du peuple en organisant ces deuxièmes tours.

Pourquoi ne pas avoir une consécration et sacrer les Douze Hommes de la nouvelle Chambre. On pourrait même élire le type au trente trois prénoms, président de l’auguste corps.

A ce stade, livrons la direction de l’asile aux patients. Les docteurs abdiquent.

Vladimir Fardin



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