Serait-on proche de la fin d’une série ?

Le débat houleux sur le dossier du salaire minimum prend une autre tournure avec la rencontre tenue le mardi 30 juin à la Chambre des députés, entre des représentants de l’exécutif, des membres du secteur patronal et le Parlement.

Reste à savoir si les parlementaires sont convaincus de l’objection du président ou s’ils vont garder leur position initiale, fixant le salaire minimum à 200 gourdes.

Un dénouement parait proche dans le dossier du salaire minimum qui domine le paysage médiatique haïtien depuis déjà plus d’un mois. En effet, après maintes hésitations, des membres de l’Association des industries d’Haïti (Adih) et ceux de la Chambre de commerce et d’industrie d’Haïti (CCIH), se sont finalement présentés mardi, à la Chambre des députés à l’invitation de la commission des affaires sociales de la Chambre des députés. Des discussions ont été également engagées avec des représentants de l’exécutif sur les objections du président René Préval qui envisage un salaire graduel, avec 125 gourdes pour la première année, à compter de octobre 2009.

Les délégués de l’exécutif n’ont guère persuadé la commission des affaires sociales à prendre en compte les considérations du président de la République. Cette commission avait exigé entre autres documents, les lois Hope I et Hope II traduites en créoles et en français, ainsi que les rapports financiers des industries d’assemblages.

« Vous venez les mains vides alors que nous sommes dans l’attente des documents sollicités auprès de l’exécutif. Nous ne sommes pas convaincus », a lancé l’instigateur de la loi sur le salaire minimum Steven Benoît à l’endroit de la ministre du Commerce et de l’Industrie. Marie-Josée Garnier était accompagnée en plus de la ministre des Affaires sociales et du travail Gabrielle P. Bodin en vue de défendre les objections du président par devant les députés.

Les propositions d’objections du président envisagent un salaire minimum de 200 gourdes pour la journée de huit heures de travail à partir du premier octobre 2009 pour les entreprises industrielles et commerciaux, sauf les industries de sous-traitance qui atteindront graduellement ce montant en octobre 2012.

Le secteur patronal paraissait mieux armé en argumentaires pour porter les parlementaires à revoir le salaire minimum à la baisse, agissant sur leur sensibilité : « Nous ne sommes pas inquiets pour les 11 hommes d’affaires du secteur de la sous-traitance. La crainte, c’est de voir 128 000 ouvriers dont 25 000 dans la sous-traitance, partis au chômage », prévient Réginald Boulos, président de la Chambre de commerce et d’industrie d’Haïti. Des appréhensions qui invitent les mordus de 200 gourdes à réfléchir mille fois avant toute décision.

Néanmoins, les députés attendent encore les rapports financiers des industriels. Les hommes d’affaire ont promis de soumettre ces documents ainsi que copie des lois Hope I et Hope II traduites en langues haïtiennes au lendemain des discussions.

Sur cette question, rappelons que le député Steven Benoit, avait antérieurement déclaré, que le nécessaire a déjà été fait à la chambre basse et que ses collègues attendaient qu’on leur achemine les documents susceptibles de prouver que la promulgation de la loi va entrainer une vague de révocations dans le pays.

« Si quelqu’un pense pouvoir nous faire changer d’avis, qu’il fasse valoir ses idées en nous soumettant des documents fiables sur le dossier », avait-il dit. Cependant, le président de la République croit dur comme fer que ladite loi revotée sans tenir compte de ses objections, pourrait entrainer des révocations massives dans les PME et dans les industries d’assemblages.

Le président a d’ailleurs rencontré des directeurs de salles de nouvelles et des journalistes au moins deux fois pour leur expliquer du bien fondé de sa décision. Il s’est montré convaincu que si le salaire minimum ne tenait pas compte de la taille des entreprises, des milliers d’ouvriers iraient au chômage.

Depuis plus d’un mois, la délicate question du salaire minimum occupe l’actualité en Haïti. Les rues de Port-au-Prince ont été pendant plus de 15 jours, le théâtre de manifestations d’étudiants en faveur de la publication de la loi fixant le salaire minimum à 200 gourdes par le président René Préval.

Ces manifestations de rues se substituent aujourd’hui aux consultations entre différents secteurs impliqués dans la question. Cependant, les deux parties adverses ne trouvent pas encore de consensus. D’un côté l’Exécutif et le patronat, de l’autre le Parlement tiennent encore à leur position. Cependant, les députés paraissent quelque peu flexibles.



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